Les couples et l'infertilité

Près de 15% des couples vont consulter un médecin au moins une fois dans leur vie pour une infertilité primaire ou secondaire. La moitié de ces couples n’aura pas le nombre d’enfants qu’ils auraient désirés.

Un individu fertile est un individu apte à procréer. A l'inverse, un individu incapable de procréer est infertile. Il est important de ne pas confondre stérile et infertile : la stérilité est définitive, tandis que l'infertilité peut évoluer chez un individu,  relèvant souvent du soin médical. On parle bien d’incapacité provisoire dans la notion d’infertilité.

L’infertilité touche autant les hommes que les femmes (environ 1/3 des hommes et 1/3 des femmes). Dans 1/3 des cas, elle implique le couple. Dans 10% des cas, la cause de l’infertilité reste inconnue.

 

 

A) Quels sont les examens qui peuvent être prescrits ?

1/ Chez l’homme :

Dans un tiers des cas, l’infertilité du couple est exclusivement d’origine masculine et souvent liée à une altération du sperme.

Pour comprendre cette infertilité, on réalise chez le patient masculin, une batterie d’examens. L’un des plus courant consiste à analyser le sperme réalisé par recueil dans un laboratoire spécialisé, après 3 à 5 jours d’abstinence. Il s’agit d’un spermogramme qui est toujours associé au spermocytogramme. Il est effectué pour apprécier la concentration des spermatozoïdes, leur mobilité, examiner la présence de cellules en nombre anormale, etc... Le spermocytogramme permet d’analyser la morphologie des spermatozoïdes.

Le médecin peut demander d’autres examens complémentaires tels que les dosages hormonaux (testostérone) et le caryotype (chromosomes).

2/  Chez la femme :

Le médecin demande une courbe de température, qui fournit des indications sur l’ovulation. En effet, la température augmente de quelques dixièmes de degrés après une ovulation. La courbe renseigne alors sur la date de l’ovulation et plus généralement, sur le fonctionnement des ovaires.

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Puis des dosages hormonaux sont réalisés. Ils permettent de mesurer l’activité de l’hypophyse et de la réponse des ovaires par sa stimulation. Un test appelé « test de réserve ovarienne » consiste à doser ces hormones au deuxième ou troisième jour des règles et est le plus souvent couplé par une échographie pour évaluer le nombre de follicules qui se développent au début du cycle.

 Enfin, on effectue un examen au niveau de la glaire cervicale. L’analyse de la pénétration et de la survie des spermatozoïdes dans la glaire est un élément important du diagnostic. On observe donc au microscope de la glaire cervicale prélevée au niveau du col utérin quelques heures après un rapport sexuel.

Comme chez l’homme, on effectue un caryotype si une anomalie chromosomique est suspectée.

Le médecin peut demander également une échographie des voies génitales ou une radiographie des trompes et de l'utérus.

Enfin, un bilan infectieux sera effectué chez les deux membres du couple pour rechercher en des maladies en particulier (SIDA, Rubéole, syphilis, etc).

B) Quelles sont les causes d'infertilité chez un couple ?

1/ Chez l’homme :

Il est difficile d'affirmer à un homme qu’il est infertile à part si on ne trouve aucun spermatozoïde dans son sperme. En effet, de nombreux éléments peuvent être à l’origine de ce problème. Nous exposons ici les causes les plus connues :

L’azoospermie : cette anomalie se retrouve chez environ 8% des hommes venus consulter un spécialiste. Le sperme émis, de volume à peu près normal, ne contient aucun spermatozoïde. Les deux raisons principales sont les suivantes :

  • Les spermatozoïdes ne sont pas expulsés : on parle de stérilité obstructive. Leur sortie est bloquée : il faut localiser l’obstacle. Une intervention chirurgicale est prescrite
  • Les tubes séminifères ne fabriquent pas de spermatozoïdes : on parle de stérilité sécrétoire. Il subsiste deux causes qui peuvent engendrer ce phénomène : soit une absence d’hormone qui ordonne aux tubes séminifères de produire, soit un défaut des cellules souches à l’origine des spermatozoïdes.

L’aspermie : elle se définit par une absence de sperme. C’est une circonstance peut fréquente qui témoigne généralement d’un trouble psychologique important.

Les insuffisances spermatiques : elles portent le plus souvent sur le nombre de spermatozoïdes (oligospermie), sur leur mobilité (asthénospermie) ou encore sur leur morphologie (tératospermie). Quand le sperme est de mauvaise qualité, les spermatozoïdes sont défectueux sur au moins une de ces 3 caractéristiques.

Ces insuffisances résultent de causes pouvant être facilement diagnostiquées :

  • Les insuffisances hormonales : manque d’une stimulation des testicules (insuffisance hormone mâle)
  • Les infections du sperme (p.e. oreillon)
  • Les varicocèles (dilatation veineuse des testicules)  
  • Les anomalies épdidymaires (réduction de son calibre)

Enfin, il existe des stérilités liées à l’impuissance ou à des troubles de l’éjaculation qui nécessitent le recours à des spécialistes compétents qui doivent toujours rechercher  une cause organique (diabète, …) avant une cause psychologique.

 

2/ Chez la femme :

Anomalie de l’ovulation : C’est la cause la plus fréquente d’infertilité chez la femme. L’ovulation peut-être totalement absente (l’ovaire ne contient congénitalement aucun follicule) ou presque mais de mauvaise qualité. Ceci se traduit par l’absence de production d’un ovocyte fécondable. Les troubles de l’ovulation peuvent être dus à un dysfonctionnement des ovaires ou des structures cérébrales qui contrôlent leur activité.

Anomalie des trompes : Les trompes de Fallope peuvent être partiellement ou totalement obstruées, ce qui empêche les spermatozoïdes d’atteindre l’ovocyte. Les occlusions peuvent être dues à divers facteurs, notamment une infection, une endométriose ou des adhérences se formant suite à une intervention chirurgicale. Les trompes de Fallope peuvent également être endommagées à la suite d’une grossesse extra-utérine.

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Cause cervicale : la glaire cervicale peut être sécrétée de façon inadéquate (quantité, qualité, PH). Ces anomalies peuvent être dues à des infections, des dysfonctionnements des glandes endocrines ou être consécutives à des traitements de lésion du col de l’utérus (coagulation, cohésions). La glaire n’assure pas son rôle et empêche l’ascension des spermatozoïdes.

L’endométriose : Celle-ci se définit par la présence de fragments de muqueuse utérine (l’endomètre)  qui vont migrer et se greffer dans la trompe sur l’ovaire ou sur le péritoine (tissu qui recouvre l’intérieur de la cavité abdominale). Ces fragments de muqueuse perturbent le bon fonctionnement des organes sur lesquels ils se greffent et peuvent entraîner une stérilité.

Les stérilités hormonales s’accompagnent de troubles des règles plus ou moins importants qui peuvent aller d’une absence totale à une irrégularité marquée des écoulements menstruels. Ces stérilités sont dues à une anomalie, soit au niveau de l’ovaire lui même soit au niveau des commandes, c’est à dire au niveau de l’hypophyse où sont sécrétés les deux hormones qui commandent l’ovaire, la FSH et la LH.

 

Une enquête française publiée en 1991 a montré que dans 39% des cas l’homme et la femme sont en cause, dans 20% des cas c’est l’homme seul qui est en cause, dans 33% des cas la femme seule et dans 8 % des cas aucune cause n’est établie. La même enquête a montré que chez la femme la première cause d’infertilité (32%) est représentée par les problèmes d’ovulation, la seconde par les problèmes tubaires (26%). Chez l’homme, l’oligoasthénotératospermie  venant au premier rang et dans 10 % des cas il s’agissait d’azoospermie.

 

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Ce n’est qu’après un bilan complet que le diagnostic sera posé et qu’une Assistance Médicale à la Procréation pourra être envisagée.

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