Les problèmes éthiques : les différentes positions religieuses

B) L'AMP et la religion

L’AMP, qui touche aux origines mêmes de la vie humaine, suscite beaucoup d’interrogations chez les croyants, comme chez les non-croyants. Les autorités religieuses n’ont pas toujours les mêmes positions vis-à-vis de ces pratiques.

1) Les catholiques et orthodoxes


 

Le Vatican est opposé à toute technique artificielle  de procréation ou de contraception. Leur principe est : pas d’enfant sans relation sexuelle, pas de relation sexuelle sans enfant. Les techniques d’AMP sont donc toutes rejetées. Le seul type de contraception autorisé est l’abstinence périodique. Le Vatican considère que l’enfant n’est pas un dû, mais un don. Face à la dure épreuve que représente la stérilité, l’Eglise recommande le recours à l’adoption. Certaines voix chez les catholiques sont tentées d’accepter la FIV, mais uniquement avec le sperme du conjoint. La recherche sur l’embryon pourrait être admise à la condition qu’il y ait un bénéfice direct pour l’embryon concerné, sans lui faire courir de danger majeur. Les orthodoxes adoptent le même point de vue.

2) Les protestants


Ce sont sans doute les plus ouverts puisqu’ils autorisent les techniques d’AMP, même avec le sperme du donneur. Cela ne peut se faire cependant que pour un couple hétérosexuel, l’enfant ne pouvant être le prolongement d’une seule personne (veuve ou lesbienne) ou d’un couple homosexuel. La congélation d’embryons et le diagnostic préimplantatoire sont permis. La recherche sur l’embryon est admise à condition de le détruire rapidement après expérience, en dehors de toute commercialisation.

Le protestantisme est la seule religion autorisant le don d’embryon, de sperme ou d’ovocyte, car il considère la possibilité d’avoir un enfant comme une bénédiction de Dieu. Cependant, le recours à l’AMP ne doit pas sortir du cadre du couple hétérosexuel, ou être motivé par un intérêt financier.

3) Islam et Judaïsme

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Ce sont deux religions dont les représentants peuvent avoir des interprétations variées des textes sacrés, ce qui peut amener les fidèles à consulter plusieurs représentants de l’autorité religieuse, jusqu’à ce qu’ils trouvent celui qui leur donne la réponse qui leur convient.

Pour l’Islam, la créature humaine reçoit l’esprit divin au 120ème jour de gestation, donc une intervention sur l’embryon n’est pas interdite, ni une FIV ou une insémination. La congélation des embryons est autorisée, ainsi que le diagnostic préimplantatoire s’il est à visée thérapeutique. Le recours au sperme de donneur n’est pas admis en revanche car cela s’oppose au principe de connaissance de la filiation.

Le Judaïsme considère que l’embryon n’est que de l’eau jusqu’au 40ème jour après la fécondation. Au delà il fait partie intégrante du corps de la femme. Il est donc interdit de pratiquer des actes mutilant le corps de la femme, mais il est possible d’intervenir sur l’embryon jusqu’au 40e jour après la fécondation : les inséminations, la FIV, la congélation d’embryons et le diagnostic préimplantatoire sont autorisés. Le recours aux techniques d’AMP est autorisé pour obéir à l’ordre : « croissez et multipliez » mais sans utiliser le sperme d’un donneur, car il entraînerait une perte d’identité pour l’enfant, qui ne pourrait plus se marier ou fonder une famille. Il existe des exceptions à cette règle, à condition d’utiliser du sperme « non juif » pour éviter les consanguinités involontaires.

 

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4) L'Hindouisme

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Selon un dicton hindou, « il vaut mieux être boue que femme stérile ». Une femme stérile est très mal considérée, cette religion autorise donc son mari à prendre une seconde épouse qui pourra lui donner des enfants. L’éducation de ces enfants est sous la responsabilité des deux femmes. Tous les moyens de procréation sont donc acceptés même la GPA (Gestation Pour Autrui).

5) Le Bouddhisme


En matière d’AMP, seul l’IA et la FIV sont autorisés. L’acceptation de la GPA est discutable. Elle dépend des motivations des deux parties (couples demandeurs et gestatrice) qui se doivent d’être altruiste de ne pas faire référence à une commercialisation et de remédier à une souffrance psychique et émotionnelle. 

 

 

La religion dominante dans un pays influence sa politique en matière d’infertilité. Par exemple, le judaïsme a favorisé la légalisation de la GPA en Israël alors que l’influence catholique a conduit en Italie à une restriction importante des traitements d’AMP admis par la loi.

D’autre part, l’adhésion à une religion ne suppose pas l’obéissance à tous ces préceptes. Ainsi, malgré le refus de la GPA par les Eglises Chrétiennes, de nombreuses gestatrices américaines se présentant comme croyantes et pratiquantes cherchent spécifiquement à aider un couple chrétien.

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